Vie

(1879-1894) Exaltations 3/4


L’apogée artistique, la célébrité et la gloire,

le triomphe de Wilde dans l’Angleterre victorienne.

1890-1894


«Je vous félicite donc du succès considérable qu’a remporté votre prestation, laquelle me convainc que vous avez une opinion presque aussi haute de cette oeuvre que j’en est moi même»

1890 marque pour Wilde le début de la gloire, mais aussi d’attaques qui ne cesseront plus, notamment de la part de Whistler, avec la parution de la première version du Le portrait de Dorian Gray. Le même mois, il fait paraître un essai intitulé L’authentique fonction et valeur de la critique, avec quelques remarques sur l’importance de ne rien faire, qui deviendra La Critique en tant qu’artiste.

L’année 1891 s’ouvre sur de virulents échanges de lettres entre Wilde et plusieurs journaux très critiques à l’égard de Dorian Gray. Wilde y répond par une préface qu’il publie dans la revue dirigée par son ami Frank Harris, The Fortnightly Review, après avoir fait paraître un essai promis à un grand succès politique : L’Ame de l’homme sous le socialisme. Le portrait de Dorian Gray paraît en volume en avril, chez un petit éditeur. Le succès est bien plus spectaculaire que pour la version originale, plus courte, publiée en revue.

En février, 1892, L’éventail de Lady Windermere est crée triomphalement, mais sa nouvelle tragédie Salomé, qu’il a achevée en janvier, est interdite de représentation en juin, au motif qu’elle met en scène des personnages bibliques, alors que Wilde avait obtenu de Sarah Bernhardt qu’elle vienne la créer en français à Londres. Il prépare alors une édition de sa pièce, non susceptible d’interdiction. L’année suivante, Salomé est publiée en français, à Paris et à Londres, elle entraine des réactions admiratives de Mallarmé, Maeterlinck, Loti et Barbusse. Pour illustrer la version anglaise, Wilde s’assure le concours du jeune Aubrey Beardsley. En avril, une femme sans importance est crée à Londres ; le succès est aussi important que pour L’éventail de Lady Windermere. Toute cette année 1893, Wilde et Douglas la passent ensemble au Savoy ; c’est l’occasion pour eux d’inviter un nombre croissant de jeunes gens, souvent à titre onéreux. Ce mode de vie l’éloigne de quelques amis. C’est à cette époque que le père de Douglas, Lord Queensbery, exige de son fils qu’il rompe avec Wilde.

Au mois de juillet il rencontre Aubrey Beardsley chez Edward Burne-Jones. Deux recueils de contes, Le crime de Lord Arthur Saville et autres contes, puis Une maison de grenades, sont également publiés ainsi qu’un recueil d’essais critiques, Intentions. Durant l’été, Wilde pour répondre à la requête d’un directeur de théâtre, écrit sa première comédie, L’éventail de Lady Windermere. Sa mise en scène est programmée pour le début de 1892.

Un des grand distributeurs, W. H. Smith, refuse de le vendre le trouvant carrément obscène. En revanche, Walter Pater, ainsi que la plupart des revues sérieuses, en soulignent l’importance pour l’évolution de la littérature anglaise.

En juin, un de ses jeunes amis d’Oxford lui fait connaître un cousin à lui, alors étudiant, à qui Wilde, conquis par sa beauté, offre un exemplaire de luxe du Portrait de Dorian Gray : c’est le jeune Alfred Douglas alors âgé de 21 ans.

Oscar en 1892

À la première de L’éventail de Lady Windermere, Wilde prononça devant le rideau un discours spirituel et scandaleux tout en fumant une cigarette les critiques et dessinateurs le lui reprochèrent, Bernard Partridge. Punch, 5 mars 1892

Wilde et «Bosie», le surnom d’Alfred Douglas

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