Vie
Vie
(1895-1900) L’opprobre, l’éxil 2/3
L’apogée artistique, la célébrité et la gloire,
le triomphe de Wilde dans l’Angleterre victorienne.
1895-1896
«Je suis passé, non pas de l’obscurité à la célébrité momentanée que donne le crime, mais d’une sorte de gloire éternelle à une sorte d’infamie éternelle»
Au début de quelques mois son état de santé lui valut d’être dispensé des travaux forcés proprement dits. Le 21 novembre 1895, il fut transféré à la prison de Reading à quelque cent kilomètres de Londres. Là, il lui fut permis de lire, mais non d’écrire, du moins jusqu’à ce qu’un nouveau gouverneur soit nommé à la tête de la prison en juillet 1896.
Les deux années de prison, Wilde séjournera successivement dans les prisons de Pentoville, de Wandsworth et finalement de Reading, d’où il sortira libre le 18 mai 1897, toute réduction de peine lui étant été jusqu’au bout refusée. Peu après son incarcération, ne pouvant malgré la vente sur saisie organisée le 24 avril, rembourser les frais de justice causés par le procès qu’il avait intenté à Queensberry.
Il fut à la demande de ce dernier, condamné pour banqueroute, ce qui le privait entre autres, de tout droit sur ses revenus d’auteur. Sa femme, Constance, qui s’était installé sur le continent, lui rendit deux visites en prison, dont une pour lui annoncer la mort de Lady Wilde, et accepter de ne pas demander le divorce, et de lui accorder une pension de 150 livres sterling par an, sous condition qu’il ne se rende coupable
d’aucun comportement répréhensible. Son visiteur le plus régulier, tout au long de son séjour en prison, fut Robert Ross. C’est à cette époque que Wilde fit de lui son exécuteur testamentaire. Douglas lui, ne rendit aucune visite à Wilde et ne lui envoya aucune lettre. Le séjour de Wilde en prison fut une terrible épreuve, morale mais aussi physique, pour lui.
A compter de cette date, Wilde put lire beaucoup, et, surtout se remettre à écrire. Ce fut pour rédiger à l’intention d’Alfred Douglas, mais sans obtenir l’autorisation de la lui envoyer avant sa libération, la longue lettre que Robert Ross devait appeler, après en avoir remis une copie à Douglas, De Profundis. Les dernières semaines de son séjour à Reading furent marquées par des relations cordiales avec l’un de ses gardiens et par une attention vive portée à ce qui se passait autour de lui. On en retrouvera la trace plus tard.
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